Les journalistes, c'est vous

Mardi 07 Octobre 2008
0:26

Envoyer à un ami Envoyer à un ami

On m'interdit la cigarette ? Dommage, mais tant mieux...

C'est fait ! Le gouvernement n'arrive plus à compter ses morts du tabac (ils n'ont plus assez de doigts). Les futurs cadavres nicotinés devront fumer dehors sur les trottoirs et ils appartiendront alors à la catégorie "morts de froid, de solitude et de honte". Moi, fumeuse, je me réjouis pourtant !



On m'interdit la cigarette ? Dommage, mais tant mieux...
Même si je ne fume qu'un paquet tous les trois jours, je me considère comme une "trop grande fumeuse".
Pousser la porte d'un service de tabacologie, prendre un rendez-vous avec un spécialiste pour dans trois semaines (ce qui tombera forcément au moment où je me dirais qu'après tout, une cigarette de temps en temps pour décompresser vaut mieux qu'un abonnement aux anti-stress chimiques), me coller des patchs sur le corps... rien à faire, je n'ai jamais réussi à faire ces démarches. Plutôt que de me chercher de bonnes raisons pour justifier cette lâcheté d'action, je vais droit au but avec ce triste constat : j'aime fumer et arrêter de faire quelque chose "qui me fait du bien" relèverait pour moi d'un certain masochisme.
Pourtant, la nuit, quand ma respiration me berce et que le noir m'aide à faire la lumière sur ma vie, ma gorge se serre et j'ai peur. Le CANCER, les Maladies Cardio-Vasculaires... voilà les noms que portent mes fantômes sous mon lit d'adulte.

On m'interdit la cigarette ? Dommage, mais tant mieux...
Maintenant qu'il me sera impossible (je préfère "impossible" à "interdit") de fumer dans les lieux publics, et si je rajoute mon impossibilité morale de fumer chez moi car c'est aussi la maison de mes enfants chéris, je souris à l'idée que je vais un jour fumer beaucoup moins.
Bien que Février 2007 me semble encore loin, il me semble que je respire presque déjà mieux. Ca doit être le poids de ma mauvaise conscience qui commence à s'échapper de ma cage thoracique engoudronnée. Plutôt que de m'insurger contre cette exclusion forcée annoncée, je me plais à penser "bon, il n'y aura plus le choix, c'est comme ça... un point c'est tout !"
Si l'idée de moins fumer à partir de 2007 me procure autant de satisfaction, alors je peux espérer aujourd'hui que mon silencieux combat intérieur contre la cigarette est à moitié gagné.
Messieurs du gouvernement, bien que vous ne soyez pas vraiment dans mes petits papiers (à rouler), sachez qu'il y a AUSSI des fumeurs qui vous remercient.

Aurélie Sauquet (Poitiers)





Commentaires