Le dernier roman de Marc Vilrouge venait de sortir le 2 janvier et son titre, Le livre impossible, sonne désormais comme une amère prémonition. Vilrouge écrivait des romans brefs et urgents, corporels, presque bagarreurs, d’une plume heurtée à la nécessité de se renouveler, de muer et de renaître, incessamment. Il composait une œuvre grave et tourmentée sur l’anxiété dans la création et sur l’ambivalence d’être à la fois présent au monde et déjà en partance vers la mort. A ce titre, le grand livre de Marc Vilrouge reste Air conditionné, roman-parabole sur l’obsession purificatrice de nos sociétés acharnées à mettre au ban le malade et le déviant. Mais Marc était aussi un être de rire, il était drôle, le bougre !, irrésistible même, et pour s’en convaincre, il faut (re)lire Reproduction non autorisée, burlesque opus sur l’homoparentalité ! On ne peut alors que penser à ce que Vian disait du désespoir, de l’humour et de la politesse.