Anne-Marie Schropff, rédactrice en chef culture, tenait un stand avec une boîte où chacun pouvait glisser de l’argent pour soutenir les grévistes. Jacques Séguéla passa de groupe en groupe pour faire la quête. Serge Moati répondait aux journalistes : « Nous sommes face à la dégradation de tout un pays qui n’aime pas ses intellos ni sa jeunesse. On a besoin de plus de culture, de presse d’opinion. Il faut soutenir la presse comme on soutient le théâtre subventionné. Si j’étais ministre, j’aiderais France Soir ; il pourrait devenir le journal des voix des banlieues ». La petite-fille du fondateur Katherine Icardi-Lazareff parrainait la soirée et termina sa prestation par une boutade de son grand-père : « Allez, coco ! ». On attendit Alain Delon, qui devait passer, en vain ! L’ancien directeur de France Soir, André Bercoff, Paul Vermus, Christian Chesnot, l’ancien ministre Roger-Gérard Schwartzenberg et Paul-Loup Sulitzer étaient venus soutenir les troupes. Vers 22 heures, Henri Emmanuelli fit une apparition. François Hollande déclara aux salariés : « Vous avez bien fait de choisir le toit citoyen. Vous avez mis votre journal tout en haut alors que d’autres veulent le mettre tout en bas ».
Résistons pour que France Soir ne devienne pas un quotidien au rabais, pour qu’il reste en France une pluralité, une liberté de la presse.
Emmanuelle de Boysson