Il est plutôt normal en ces temps ensoleillés de se laisser aller au farniente, profitant de la clémence climatique sur l'une des berges bucoliques que propose, ici et là , notre très chère Meuse. Rêvassant dans l'herbe hospitalière, un chêne séculaire en guise de parasol, je me délectais du festif reflet d'un rayon ami à la surface de l'eau, du vol gracieux d'une oie cendrée, des senteurs estivales de la flore locale et - accessoirement - des galbes avantageux d'une blonde à l'ostensible bikini fluo...
Zut ! Pour une fois que j'échappais à une poignée d'autochtones braillards aux onomatopées préhistoriques et fervents pratiquants du culte de Saint Casier de Bière, qui sont à la discrétion ce que Bigard est à la finesse... peinard quoi ! Je jouissais, donc, des bienfaits de la nature, lorsque semblant tout droit sorti de son emballage, arriva une espèce de "Big Jim vivant et muscles éponymes" suivis comme leur ombre par un rottweiler aux médiatiques mâchoires patibulaires. Ce dernier divaguant, sans laisse ni muselière, à proximité d'enfants, sous le couvert d'un "maître" qui essayait d'asseoir sur cet animal une autorité plus que contestée.
Une gymnastique pathétique m’autorisant instantanément à penser qu'à l'inverse de son homologue jouet en plastique, si on lui appuie dans le dos, ce n’est pas le bras qui bouge… mais le cerveau qui tombe (et à mon avis, il le cherche toujours !).
Cet adepte du "J'existe car j'ai une arme de destruction baveuse" me fit presque regretter ma bande d'hurluberlus bruyants, lesquels ne risquaient pas, eux, de mordre... enfin, pas avant le troisième ou quatrième casier !
Fabien Ivergneau (Mons, Belgique)